Commentaire général :
La vie au Pérou est assez chère. Bolivie, Argentine sont nettement meilleur marché. Je juge par rapport aux années 80, faut-il le signaler. Les services ne se sont pas vraiment améliorés, mais les prix ont grimpé en flèche.
La population subit de plein fouet cette vie trop chère : les salaires eux n'ont presque pas augmenté. En cause : les politiques de privatisation et de "sol" fort. Le "sol", monnaie nationale, est en effet artificiellement trop fort, bien en-dessus de la valeur de l'économie péruvienne réelle. Sans doute bon pour les importations en provenance des USA, d'Europe ou d'Asie, voire des pays voisins. Belle aubaine pour les acheteurs de voitures, de produits électro-domestiques et électroniques, de biens de luxe,etc (essentiellement, au bénéfice de la classe supérieure). Mais destructeur pour la production agro-alimentaire nationale (importations de produits alimentaires subsidiés par les US et l'UE - la PAC, concurrence des produits chiliens) et la production undustrielle (incapable de produire des articles de meilleure qualité pour des prix équivalents). Donc, faillites d'entreprises, licenciements.
Côté privatisations, ce fut la fête pour les acheteurs étrangers durant les années Fujimori et ça continue, de façon chaotique, avec Toledo. Rachat d'entreprises publiques à prix bradés, investissements minima, hausse des prix des services (téléphone, électricité, train), licenciements de masse. Un exemple : PeruRail. Anciennement Enafer Peru, la privatisation a eu pour effet de multiplier par quatre ou cinq le prix des voyages en train. Cusco-Machu Picchu coûtait alors de 10 à 20 dollars en auto-wagon. A présent, le même trajet coûte au minimum 55 dollars pour un "back packer" et peut aller jusqu'à 90 dollars pour l'auto-wagon dit "de luxe" (vistadome). Sans compter le trajet en mini-bus d'Aguascalientes jusqu'à l'entrée des ruines (10 dollars). La ligne Cusco-Machu Picchu est un monopole (pas de concurrence) et un poule aux oeufs d'or (imagine-t-on des touristes négligeant la visite à la Cité Perdue des Incas?).
Faut-il signaler les exonérations de royalties pour certaines entreprises d'extraction minière ou l'évasion fiscale "oubliée" par les deux derniers gouvernements? Des impôts reposant essentiellement sur les masses populaires au travers des TVA, accises, impôts à la consommation et autres taxes indirectes.
Les investisseurs étrangers ont beaucoup gagné de ces politiques ultra-libérales.
Les hôtels ne sont pas bon marché, mais le service et la qualité ne sont pas à la hauteur des attentes. Les destinations des Antilles, d'Afrique, d'Asie ou du bassin méditerranéen sont autrement plus alléchantes de ce point de vue (les formules "all inclusive" spécialement).
Il faut s'arranger pour prendre le train des autochtones pour le Machu Pichu (5 à 6 dollars)!!!
C'est normalement interdit pour les etrangers, vrai ou faux?
Tout dépend de la manière de voyager et des connaissances que l'on a du pays et de ses habitants. Mais tu peux toujours payer 90 dollars si cela te convient !!!
Bonjour à tous,
Pour Pancho:
Effectivement, le "train local" n'est réservé qu'aux résidents de Cuzco et sa région. Pas besoin de passeport ou carte d'identité (sourires) pour reconnaître les "gringos" dans le train; ceux qui ont connu le train local le savent bien. Je pense qu'il est impossible de tricher.
Bonne journée,
Paul
Tricher... ? Je pense que la différence d'argent est bien mieux placée sur l'achat de matériel pour un orphelinat. En outre, tous les vrais routards ne ressemblent pas à des Gringos ni à des Bidochons.
Arrêtons là cette stupide polémique.
Bonjour à tous,
Pour Jean-Pierre:
Il n'y a en rien dans mon message de sujet à polémique sinon une réponse à une question posée par Pancho et une précision à votre affirmation, erronée depuis deux ans.
Quant au terme "gringos", je vous précise qu'il n'est en rien péjoratif et désigne au Pérou un étranger, résident ou touriste, routard ou non.
Bonne journée,
Paul
Pour Paul,
Je vous précise à nouveau qu'il est possible d'emprunter le train local (ce que nous avons fait il y a moins d'un an) et que mon affirmation n'est en rien erronée. Mais il est vrai que son accès n'y est officiellement pas permis aux étrangers.
Quant aux "gringos", votre définition du mot laisse quelque peu à désirer. Dans l'esprit de tous les habitants de l'Amérique latine, ce terme s'applique surtout aux Américains du nord.
salut
A Paul:
Un grand merci pour toutes tes explications et précisions qui sont fort utiles, non seulement pour ceux qui voyagent au Pérou pour la première fois, mais aussi pour ceux qui redécouvrent ce fascinant pays ou qui y ont déjà vécu. Je dois te féliciter pour ta gestion dévouée (quel boulot!) et courtoise de ce site internet.
Quant au terme "gringo", s'il est utilisé de manière péjorative dans certains pays d'Amérique centrale, il désigne plutôt, au Pérou, les "blancs" que les Américains.
Pancho a raison pour ce qui est de la définition de gringo. Au Mexique par ex cela désigne effectivement les américains du nord et ce n'est pas un terme... affectueux. Au Pérou, en revanche, tous les blancs se font appeler gringos. On a pu le remarquer à plusieurs reprises au cours de notre voyage, mais là où l'on s'en était vraiment rendu compte, c'est un jour où l'on se baladait dans la campagne environnant Huaraz. Des gosses nous couraient après en nous interpelant par ce terme de "hola, gringoooooooooos !!!" sur un ton des plus amicaux et nous demandaient tout de suite derrière de quel pays on venait. Ce qui signifie bien qu'ils ne présumaient aucunement que nous étions américains.
Pour ce qui est du train local pour Aguas Calientes, en ce qui nous concerne, le guichetier nous a vendu un billet touristique d'office avant même que nous ayons eu le temps de lui demander quoi que ce soit.
bonne journée à tous,
Estelle